2 posts tagged “réunion”
"On s'en fout des Mahorais". La réplique en ce samedi après-midi sonne comme un aveu. Elle faisait suite à une discussion qui portait sur la place à traiter dans le journal de la dépression tropicale Fame qui touchait Mayotte. Et ses dégâts. Cette phrase continue à me choquer, même si elle ne m'étonne plus. La xénophobie des Créoles envers les Comoriens et les Mahorais est notoire.
Sur les ondes, malgré les tentatives de modération des animateurs, les dérapages verbaux exhibant un racisme social et ethnique sont courant. Même les élus dérivent dans leurs déclarations publiques. Et le pire de tous : le sénateur maire de Saint-André Virapoullé qui sent sert comme un pare-feu pour cacher le désordre social de sa commune dont il est en partie responsable.
Les exemples de ces dérapages sont nombreux. Il y a moins d'un an, un réglement de compte sanglant oppose deux clans à Saint-André. La rumeur fait état d'une bataille entre une bande de Mahorais et de Créoles. Le sénateur maire la reprend à son compte et accuse la communauté mahoraise de délinquance. La réalité est qu'il s'agissait d'un réglement de compte entre deux clans de petites frappes qui jouent les nervis dans leur quartier. Rien à voir donc avec le prétexte racial. Décembre dernier, rebelotte. Une cinquantaine de gamins proches de la délinquance attaquent le centre ville, pillent et brûlent un bureau du commissariat de police. A nouveau le maire accuse la communauté mahoraise. Sa culpabilité : ne pas chercher à s'intégrer et de ne venir à la Réunion que pour profiter du système social (CMU et RMI).
Indignation. Vaguement. Quelques remous, c'est tout. Reste de quoi être interpellé devant autant de silence et de passivité. Que font les grandes associations luttant contre le racisme ? Rien ou pas grand chose car pour elles, il n'existe qu'un seul racisme : le blanc envers les gens de couleurs. Un racisme social hérité du temps des colonies.
Il n’est pas aisée de dévoiler les coulisses d’un journal quel qui soit. Ça ne se fait pas, c’est tout. C’est un principe de non-dit qui s‘impose de manière latente dans toutes les rédations. En général, on bave dessus une fois parti dans un bouquin rarement lu sauf par la profession. C’est pourquoi je prends quelques précautions.
Les noms de certains protagonistes ne seront pas divulgués et seront déterminés par la fonction qu’ils occupent. Pour autant ne vous attendez pas à une quelconque forme de délation. Je laisse à Freedom le soin de l’entretenir.
C’est avant tout l’histoire d’une île que je vais tenter de vous raconter à travers le quotidien des hommes et des femmes qui composent ce journal.